Aperçu 
Le mois de mars 2026 a enregistré la pire performance mensuelle pour les actions des États Unis depuis septembre 2022. L’indice S&P 500 a chuté de 4,98 %, le Nasdaq a affiché un recul similaire et tous les indices mondiaux majeurs ont terminé en territoire négatif. Le moteur dominant de cette tendance a été l’énergie. Les frappes américano israéliennes lancées le 28 février contre l’Iran ont provoqué la fermeture du détroit d’Ormuz. Cet événement a propulsé le pétrole Brent au delà de 120 dollars le baril avant que celui ci ne se stabilise près de 113 dollars à la fin du mois, ce qui représente une hausse de 55 % par rapport aux niveaux observés avant le conflit. Les actions canadiennes se sont montrées plus résilientes compte tenu de l’exposition du pays aux ressources naturelles. Les deux banques centrales ont maintenu leurs taux directeurs inchangés, chacune faisant face au même dilemme : une croissance qui s’essouffle parallèlement à une inflation qui s’accélère de nouveau.
Performance et Politique du Marché Américain 
L’indice S&P 500 a franchi à la baisse sa moyenne mobile de 50 jours le 27 février et sa moyenne de 200 jours le 19 mars. Le secteur de l’énergie a clairement dominé le marché alors que les titres pétroliers ont grimpé en flèche avec le brut. En revanche, la technologie, la consommation discrétionnaire et les services financiers ont subi le plus gros de la vente massive. Cela s’explique par le fait que les attentes de taux maintenus élevés plus longtemps ont été réévaluées brusquement à la hausse par les investisseurs.
La Réserve fédérale a maintenu son taux entre 3,50 % et 3,75 %. Les marchés ne prévoient désormais pratiquement aucune probabilité de baisse lors de la réunion du comité de politique monétaire prévue les 28 et 29 avril. Il existe actuellement une probabilité de 77,5 % que rien ne bouge d’ici la fin de l’année. L’ère des baisses anticipées a cédé la place à une position de maintien ferme. Les prochains chiffres de l’inflation de mars, qui devraient montrer une hausse annuelle proche de 3,4 %, devraient confirmer cette tendance lourde.
Données Économiques Clés des États Unis 
Taux des fonds fédéraux : Maintenu entre 3,50 % et 3,75 %. Les hausses de taux, bien qu’elles ne constituent pas encore le scénario de base, ne sont plus exclues des discussions. Emplois non agricoles : Hausse de 178 000 en mars, un chiffre bien au dessus du consensus de 60 000 et un revirement net par rapport à la perte révisée de 133 000 en février. Le taux de chômage a légèrement reculé à 4,3 %. Le secteur de la santé a mené la marche avec 76 000 emplois, reflétant en partie le retour des travailleurs de Kaiser Permanente après la grève. Les effectifs du gouvernement fédéral ont chuté de 18 000 supplémentaires. Inflation : En février, les chiffres se sont maintenus à 2,4 % pour l’indice global et 2,5 % pour l’indice de base. Mars est attendu autour de 3,4 % à mesure que le choc pétrolier se propage dans l’économie réelle. ISM Manufacturier : En hausse à 52,7. La composante des prix payés a bondi à 78,3, atteignant un sommet en quatre ans. ISM Services : En baisse à 54,0 contre 56,1 précédemment, tout en restant en zone d’expansion. Les prix payés ont atteint 70,7, le niveau le plus élevé depuis octobre 2022, en raison de la flambée des coûts du carburant, du bois, du cuivre et de l’acier.
Mise à Jour du Marché Canadien 
L’indice TSX a surpassé ses pairs des États Unis, porté par les secteurs de l’énergie et des matériaux. Ce sont les deux secteurs bénéficiant le plus directement de la flambée des cours du pétrole. L’or a continué d’attirer les capitaux cherchant une valeur refuge, offrant un soutien supplémentaire au secteur des matériaux même si le sentiment général des investisseurs s’est détérioré.
La Banque du Canada a maintenu son taux à 2,25 % le 18 mars. Elle a invoqué une croissance à court terme plus faible que prévu, un taux de chômage de 6,7 % et une inflation de 1,8 % en février. La Banque du Canada a toutefois signalé que la hausse des prix de l’énergie poussera l’inflation vers le haut dans les mois à venir, ce qui garde une possible hausse de taux sur la table. La prochaine décision est prévue pour le 29 avril 2026.
Perspectives 
Le conflit avec l’Iran a introduit un véritable risque de stagflation qui ne devrait pas se résoudre rapidement. Pour le Canada, la manne énergétique offre un tampon structurel important. Cependant, la hausse des coûts du carburant pèse simultanément sur le pouvoir d’achat des consommateurs et sur les entreprises dépendantes des importations. L’environnement actuel favorise les producteurs d’énergie, les secteurs de la défense et de l’aérospatiale, les industries liées aux matières premières et les titres à revenu fixe de haute qualité. Une grande discipline est de mise concernant les actions de croissance à multiple élevé, l’immobilier sensible aux taux et les titres de consommation discrétionnaire.