Aperçu

Juin 2026 a marqué un point d’inflexion décisif pour les marchés mondiaux, porté par deux catalyseurs majeurs : un cadre préliminaire de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran signé le 18 juin, ainsi que la première réunion du FOMC sous la présidence de Kevin Warsh. Le S&P 500 a reculé d’environ 1,1 % sur le mois, mettant fin à neuf semaines consécutives de gains. La volatilité est restée élevée, les marchés oscillant entre une désescalade fragile des tensions régionales et un signal nettement plus restrictif de la Réserve fédérale.

Performance du marché américain et politique monétaire

Le FOMC a voté à l’unanimité (12 – 0) le maintien du taux des fonds fédéraux dans la fourchette 3,50 % à 3,75 %, marquant la première réunion de Kevin Warsh en tant que président de la Fed. Le communiqué s’est révélé nettement plus court que les précédents, supprimant les indications prospectives et se concentrant strictement sur les objectifs du double mandat. Le signal le plus important est venu du “dot plot” : la projection médiane du taux directeur pour fin 2026 a été révisée à la hausse à 3,8 %, contre 3,4 % en mars, avec neuf des 18 membres anticipant au moins une hausse d’ici la fin de l’année. Les rendements obligataires ont augmenté sur la partie courte de la courbe, tandis que le S&P 500 a reculé de 1,06 % le jour de la décision. Les marchés évaluent désormais un scénario dans lequel une première hausse pourrait intervenir dès octobre 2026.

Données économiques américaines clés

L’IPC de mai a progressé de 4,2 % sur un an et de 0,5 % sur un mois, son plus haut niveau annuel depuis mai 2023, l’énergie représentant plus de 60 % de la hausse mensuelle. L’IPC sous-jacent s’est établi à 2,9 % sur un an, avec une transmission limitée des hausses de prix de l’énergie vers les autres composantes. Les créations d’emplois non agricoles ont de nouveau surpris à la hausse avec 172 000 postes en mai, tandis que le taux de chômage est resté stable à 4,3 %. Les projections actualisées du FOMC ont relevé l’inflation PCE attendue pour 2026 à 3,6 %, soit une révision à la hausse de 0,9 point par rapport à mars, tout en abaissant légèrement la croissance du PIB à 2,2 %.

Marchés pétroliers et développements géopolitiques

Juin a constitué un tournant complexe pour les marchés de l’énergie. Le Brent a atteint un pic proche de 120 $ le baril au plus fort du conflit avec l’Iran avant de reculer progressivement en milieu de mois. Le 18 juin, les États-Unis et l’Iran ont signé un mémorandum d’entente prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus naval. Le WTI a brièvement évolué autour de 70 $ le baril mais des affrontements tardifs dans le détroit ont rappelé l’instabilité du cadre de paix. La normalisation partielle des flux pétroliers a apporté un certain soulagement mais les dommages persistants aux infrastructures énergétiques maintiennent une prime de risque élevée.

Mise à jour du marché canadien

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour une cinquième réunion consécutive le 10 juin, soulignant une transmission limitée des hausses des prix de l’énergie vers l’inflation sous jacente. La banque centrale a indiqué qu’elle ne permettrait pas à ces pressions de devenir persistantes tout en restant prête à intervenir si nécessaire. Le TSX affiche une progression d’environ 8,7 % depuis le début de l’année jusqu’à début juin, surperformant le S&P 500 sur la même période. La faiblesse du secteur aurifère a pesé sur les valeurs minières canadiennes en milieu de mois, partiellement compensée par la vigueur du secteur énergétique.

Perspectives

La crise iranienne a réduit le risque extrême qui pesait sur les marchés depuis février sans toutefois résoudre le défi inflationniste sous jacent. La Fed de Warsh a instauré un nouveau régime de communication plus court, plus direct, sans biais de politique explicite auquel les marchés devront s’adapter progressivement. Avec neuf membres du FOMC évoquant une possible hausse d’ici la fin de l’année, la trajectoire des taux américains demeure le principal facteur de risque pour les actifs risqués au second semestre 2026. La publication de l’IPC de juin le 14 juillet et la prochaine décision de la Banque du Canada le 15 juillet constituent les principaux points d’attention à court terme pour les investisseurs.